L’objet technique et sa dimension instrumentale



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  • L’apprentissage est marqué d’efforts et d’épreuves que l’apprenant doit surmonter. En introduisant l’interface et la technologie entre l’apprenant et la ressource pédagogique, une nouvelle épreuve risque d’apparaître : celle de s’affranchir des problèmes d’interface, de manipulation voire de compréhension de l’artefact. L’e-learning (le numérique en général) introduit un élément nouveau dans le processus d’apprentissage : le recours à un objet technologique. Cette perspective a été étudiée en ergonomie du travail, puis en sciences de l’éducation. Selon Rabardel (1995), l’utilisation d’un objet technique dans une situation de travail entraine un mécanisme psychologique d’appropriation de cet outil par l’utilisateur : peu à peu, l’outil devient un instrument au service de son utilisateur. L’instrument est un construit qui émerge de la relation entre la personne et l’objet. Il est formé d’un artefact produit par le sujet et des schèmes d’utilisation associés. Ces schèmes vont évoluer durant tout le déroulement de l’action. L’instrument, au contraire de l’objet, évolue au fil des usages. À la suite des travaux de Rabardel, Marquet[1] (2005) montre comment, pour l’apprentissage, l’objet technique peut aussi être appréhendé dans une dimension instrumentale, pour devenir alors un instrument constitutif du processus de formation. Toute situation fait intervenir deux objets (matériels ou symboliques) : les artefacts didactiques et pédagogiques. L’utilisation du numérique ajoute un artefact technique. Par une relation dialectique, l’apprenant va attribuer des fonctionnalités, instrumentaliser ces artefacts, qui vont à leur tour au fil des apprentissages, avoir un impact, « instrumenter » la construction des habiletés, des connaissances de l’apprenant.

    [1] Marquet, P. (2005). Lorsque le développement des TIC et l’évolution des théories de l’apprentissage s’entrecroisent. Savoirs, n°9.


    le 17/11/17


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